De plus en plus de personnes présentent des symptômes psychopathiques après le séisme du 12 janvier. Des cas qui nécessiteraient une sérieuse suivie psychologique.
« Il faut prier pour le frère Basseth, car depuis le séisme du 12 janvier 2010 il a perdu la tête ! », a annoncé le pasteur Napoléon à l’Église Baptiste Bellevue Salem, sise à Delmas 24.
Basseth, un jeune universitaire chrétien très apprécié de ses amis, a perdu la raison après avoir été témoin du cataclysme du 12 janvier dernier. Son cas n’est que l’un parmi tant d’autres qui risquent de s’aggraver si les malades ne font pas l'objet de suivis psychologiques.
Tout comme Basseth, ils sont des dizaines à errer dans les rues de la capitale en composant des phrases incohérentes, faisant des gestes bizarres, ou en parlant sans cesse.
Au centre psychiatrique de Port-au-Prince, les psychiatres travaillent tant bien que mal à aider les malades mentales, rapporte un journaliste d’une station de radio de la capitale.
Certaines personnes présentent des symptômes allant des migraines aux cris nocturnes, du manque d’appétit à l’oubli, des cauchemars aux « révélations. » Pire encore, avec l’émergence des « nouveaux prophètes évangéliques » qui annoncent constamment la fin du monde, les gens se sentent plus troublés.
Pour ces prédicateurs de la catastrophe, c’est pour punir les Haïtiens que Dieu a suscité ce séisme. Et la plupart des fidèles se sentent si coupables qu’ils font des pénitences, allant jusqu’à devenir des fanatiques religieux.
D’autres persécutent des adeptes d’autres cultes. Une vidéo circulant sur Youtube montre un groupe de vodouisants pourchassés lors d’une cérémonie publique à coup de pierres par une foule scandant « Vive Jésus ! À bas Satan ! »
Un groupe de pasteurs appartenant à l’Église du Nazaréen a suggéré aux leaders évangéliques de prêcher des messages circonstanciels dans le but de remonter le moral des gens.
« Il ne faut pas qu’on prêche des messages qui effraient », conseille le pasteur Félix qui invite ses collègues à informer la population de préférence des mesures à prendre pour se protéger lors d’un prochain séisme.
Au cours d’une édition spéciale de nouvelles à la radio, une journaliste a suggéré aux personnes troublées de respirer à fond dans le but de se libérer de cette peur qui est tout à fait naturelle.
« La reconstruction d’Haïti devrait tout d’abord commencer par la reconstruction de l’homme haïtien » conclut un médecin haitien.


